Abécédaire raisonné jazz, pop, rock - Un livre de Pierrejean Gaucher
Abécédaire raisonné jazz, pop, rock - Un livre de Pierrejean Gaucher
Ref.: FAL3445

The Beatles, covers, IA, Home studio, John Mclaughlin, k7, Radiohead, Vinyle, Erik Satie, Streaming, Frank Zappa,…

Ref.: FAL3445

EAN/ISBN : 9782382834459

Author : Pierrejean Gaucher

Label :  FREMEAUX & ASSOCIES

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Presentation

Through this Reasoned Jazz, Pop and Rock Alphabet, Pierrejean Gaucher offers a personal and insightful journey through contemporary music, its practices, and its transformations. From Air(s) to Zappa, via the Beatles, Radiohead, Satie, and the home studio, each entry becomes the starting point for a lively reflection on musical creation. Far from being a simple dictionary, this book explores music in all its interconnected dimensions: language, technique, profession, inspiration, plagiarism, economics, and technology. Along the way, readers encounter both the great figures of music history and the concrete realities faced by today’s musicians—from the self-employed artist to the challenges of streaming and artificial intelligence.
A guitarist and composer, Pierrejean Gaucher draws on a rich and distinctive career to shape this book. From his early years with Abus Dangereux to projects combining jazz, rock, contemporary music, and literature, he has continually explored new forms and built bridges between disciplines. A respected educator, producer, creator of sound installations, and contributor to numerous specialized publications, he shares here a rare wealth of practical experience, where analysis is infused with humor, scholarship, and critical insight. Both accessible and intellectually demanding, this book is intended for anyone who wishes to understand what it means today to make, think about, and live through music.
Patrick FRÉMEAUX



336 pages

Press
« Musicien, compositeur, arrangeur, pédagogue, chroniqueur (Jazzman, Jazz magazine, Musik, France culture…), Pierrejean Gaucher, acteur et témoin engagé de ces bouleversements, a choisi la forme d’un dictionnaire pour raconter et expliquer ces (r)évolutions qu’il nourrit de l’évocation de son parcours de guitariste entre « jazz, pop et rock », de band leader (Abus dangereux, Phileas Band, 2G…), d’animateur de projets. Comme le passionnant documentaire Nous l’Orchestre (Philippe Béziat, 2026) immerge le spectateur au côté des musiciens, au plus près de ce qu’ils entendent et ressentent quand ils jouent, et tout ce qu’ils ont dû consentir pour rejoindre un tel collectif, l’auteur retrace par touches subtiles son rapport à la musique, à son instrument, à la création, à sa place sur le « marché ». Il apporte de stimulantes analyses du contexte de la création (« Home studio [L’artiste artisan] », et de diffusion de la musique aujourd’hui. Pourquoi un abécédaire ? Peut-être, parce que si la formule impose des contraintes, elle offre aussi toute latitude pour des échappées, des allers-et-retours. Avec un aspect déroutant, quand on en consulte la soixantaine d’entrées listées dans le sommaire. Non pas celles ouvrant sur le Panthéon de l’auteur, ses « boussoles musicales », avec son « Quarté » gagnant : « Les Beatles, Zappa, Miles Davis, Stravinsky », et encore « Satie (Esoterik) » qu’il a brillamment zappé (L’ours 506), ou sur ses guitar heroes : Beck (Jeff), Blackmore (Ritchie), McLaughlin (John)… et bien d’autres qui hantent ces pages, à l’instar de John Scofield, Pat Metheny ou encore Mike Stern. On l’aura compris, il s’agit d’une sorte d’autobiographie (en forme de « Gibson [ou Fender ?»] », suis-je tenté d’ajouter, avec ou sans « Médiator »), matinée d’histoires et légendes de rock et de jazz. Mais pas seulement. De plus, si certaines entrées sont très courtes, tiennent en une phrase (« Voix [trouver sa] »), en trois (« Silence [ou espace] », d’autres se développent en plusieurs épisodes (trois pour Zappa, of course). Musique, propriété et création Ainsi de ses réflexions sur les notions d’emprunt, d’inspiration, d’imitation, d’arrangement, et donc de « Plagiat / 1 [ou hommages] » ; « Plagiat /2 [les grands procès] »; Plagiat 3 [l’avenir du] ») qui accompagnent l’histoire de la diffusion de la musique enregistrée (des affaires d’avocats et de gros sous). Ou sur « Musicaliser [la voix] », ou « un film » et au passage le « Bruit » du chantier de ses maisons successives, ou les ondes des poteries d’une amie. Ou sur les aléas de la vie (« Carrières [ratées de peu] »). Pas de nostalgie dans les propos du musicien, une sage invitation à prendre le bon côté des nouvelles technologies, sans se perdre en combats inutiles (son du Vinyle ou du numérique !), et inventer ses propres recettes. Les jeunes musicien•nes y trouveront des conseils plein de bon sens sur l’apprentissage d’un instrument (« Pratique [fastidieuse] », tout le monde n’est pas un virtuose ou capable de passer 18 h par jour sur l’instrument), sur l’oreille relative qui vaut bien l’oreille absolue, sur le rétroplanning d’un projet (« Musicien [auto-entrepreneur] »), sur la dérisoire rémunération de la musique sur les plateformes. Tout cela est écrit clairement, et avec humour, ce qui ne gâche rien. Si la lecture par thème et rebonds est possible, j’ai préféré tourner les pages une à une, histoire de ménager le suspense. »Par Frédéric Cépède – L’OURS
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« Ni dictionnaire, ni encyclopédie, ni lexique, l’abécédaire est une façon d’épeler sa propre expérience formatrice (en l’occurrence musicale). Si, comme son nom l’indique, l’abécédaire partage avec eux l’organisation alphabétique des entrées, ce dernier n’exige ni la rigoureuse objectivité du dictionnaire, ni la précision lapidaire du lexique ; il ne revendique pas non plus l’exhaustivité scientifique de l’encyclopédie. Par son « Abécédaire jazz, pop, rock » publié chez Frémeaux & Associés, Pierrejean Gaucher, musicien, compositeur, et accessoirement présentateur à France Musique nous invite à grappiller dans son itinéraire musical, essentiellement axé sur la guitare et surtout sur le plaisir d’entendre, de créer de la musique. Le choix d’un classement alphabétique des thèmes introduit de fait une désorganisation chronologique : nous ne suivons pas le fil d’un apprentissage, ni celui d’une évolution musicale, mais nous sautons de lettre en lettre de thèmes en thèmes indépendamment de l’ordre du temps tel que son auteur en a vécu l’écoulement. Un abécédaire n’est pas un récit historique, même si, en l’occurrence, l’histoire de la musique y accompagne le propos en un discret contre-chant. L’ordre des mots prime l’ordre du temps ; ordre au demeurant non contraignant puisque : « Contrairement à une partition qu’il vaut mieux lire dans l’ordre, vous pouvez y piocher au feeling, y entrer par une lettre et y revenir plus tard » (p.22), suggère l’auteur. Cela dit, chacun trouvera son miel dans ce parcours alphabétique d’un praticien averti et d’un auditeur attentif de la guitare moderne. Les uns se focaliseront sur le ressenti éprouvé par Pierrejean Gaucher à l’écoute des guitaristes phares de ces cinq décennies : Frank Zappa, Jef Beck, John Mc Laughlin, ou, moins connu Richie Blackmore, etc. D’autre seront attentifs aux anecdotes qui, cocasses ou déterminantes, ponctuent la vie d’un musicien : rencontres fortuites, incidents de concerts ou de séances d’enregistrement, etc. Les plus musiciens d’entre les lecteurs s’intéresseront particulièrement aux analyses sur le jeu de la guitare (le sien et celui des guitaristes que Pierrejean Gaucher révère), sur la pratique de la composition, ou celle de l’improvisation… Deux axes ont particulièrement retenu mon attention. Le premier concerne l’évolution des techniques d’enregistrement et de diffusion du son depuis l’invention du gramophone à rouleau. Depuis la diffusion du magnétophone à partir de 1945, jusqu’au dernier progrès de l’informatique plusieurs éléments son à retenir. En premier lieu le studio d’enregistrement est devenu progressivement un instrument à part entière et « un laboratoire d’innovations sonores » (p.282). C’est ainsi que des albums comme l’inaugural « Sergent Pepper Lonely Hearts Club Band » (Beatles), ou encore « Bitches Brew » ou « In a Silent Way » (Miles Davis) doivent autant au jeu des musiciens qu’au travail de mixage des producteurs : « À ce moment-là, sans doute pour la première fois dans l’histoire du jazz, l’œuvre terminée ne représente pas (totalement) ce que les musiciens ont joué en studio » (p. 80). Il est surprenant à cet égard de constater combien les analyses à propos du montage, du jeu de l’acteur, et de la perfectibilité au cinéma, proposées par le philosophe Walter Benjamin entre 1935 et 19401 s’appliquent de manière particulièrement aiguë non seulement à l’enregistrement musical, mais quasiment toutes les formes d’expression contemporaines. Dans le mouvement de ces réflexions Pierrejean Gaucher nous entraîne par petites touches dans une méditation philosophico-esthétique sur le statut de l’œuvre d’art, d’autant que l’introduction de l’I.A. vient encore rebattre les cartes d’un problème qui agite le monde de la création (cf par exemple entrée « I.A (dégénérative) » (p. 115-124) dans lequel l’auteur nuance sa réponse et s’efforce de sortir des stéréotypes. On notera également la profondeur du lien à la fois artistique et affectif qui unit l’auteur aussi bien à des musiciens de la tradition savante comme Eric Satie (auquel il a consacré un album de relecture et de coécriture2 en 2023) ou Igor Stravinski, qu’à des musiciens ou des groupes « rock » ou « jazz rock » comme Mc Laugnlin, Jeff Beck, The Beatles (qui ne disposent pourtant que d’une maigre entrée dans l’ouvrage), Radiohead, ou encore le groupe Yes. Mais son véritable mentor en matière de musique reste Frank Zappa qui occupe en un triptyque les quinze dernières pages de cet abécédaire et reste explicitement ou implicitement présent dans de nombreux passages de ce volume. Dès 1998, Pierrejean Gaucher avait d’ailleurs consacré un album d’hommage au musicien : « Zappe Zappa ». « Et le blues dans tout cela ? », pourrait réclamer à juste titre les lecteurs d’ABS Magazine. Nous dirons que l’univers du blues suinte entre les lignes où il fait figure d’initiateur non seulement des grands guitaristes de rock et de jazz rock auxquels l’auteur fait référence mais de tout un pan de la musique actuelle (tant musicalement que philosophiquement). On retiendra surtout que l’ouvrage, dans son ensemble, propose une ouverture culturelle et pose des questions ‒ à mon sens fondamentales ‒ à la notion d’œuvre, d’improvisation et plus généralement de création musicale qui ne peuvent laisser indifférents quiconque s’intéresse de près à l’idée d’expérience esthétique. Au lecteur incombera la tâche de mettre les propos de Pierrejean Gaucher en perspective avec sa propre sensibilité à la musique en général et aux blues. Le fait que ces questions soient posées de l’intérieur, depuis la pratique diversifiée d’un musicien (instrumentiste, compositeur, improvisateur, producteur et architecte sonore, etc.) qui se revendique autant un artisan du son que comme artiste. Le fait que toutes ces interrogations accompagnent le musicien au fil de la mutation des procédés techniques, de production du son, d’enregistrement et de diffusion et jalonnent son évolution, constitue, à mon sens, la principale originalité de ce travail qui se lit à la fois librement et rigoureusement…, selon l’humeur. Certains pourraient reprocher à l’auteur sa partialité voire sa sélectivité arbitraire, toutefois, sa situation de praticien concrètement impliqué dans les analyses qu’il nous livre l’y autorise. D’autant que le propos ne se veut jamais dogmatique et conserve une dimension ludique même dans ses observations les plus profondes. » Par Christian BETHUNE - ABS MAGAZINE
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Pierrejean Gaucher publie un « Abécédaire Raisonné Jazz, Pop, Rock » (Frémeaux & Associés, 24 €). C’est un livre très intéressant, écrit par un musicien accompli qui a écouté tout ce que ceux de ma génération (quand ils n’étaient pas sectaires) ont écouté, de Ritchie Blackmore à Hermeto Pascoal en passant par Zappa. C’est comme si l’auteur vidait son cerveau et nous livrait l’ensemble de ce qu’il a appris au cours de son existence, dans tous les domaines de la musique et du son. Ses considérations, par exemple sur le vinyle ou sur les différences entre oreille relative et absolue, sont d’une grande justesse, fondées sur sa propre expérience et non le dogmatisme. Bertand Burgalat - Rock & Folk
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« 1 % d'inspiration et 99 % de transpiration », même si les plus grands disent le contraire. Paul Mc Cartney aurait rêvé Yesterday et transcrit le lendemain », mais combien de temps pour la transcription ? C'est vivant, bien écrit et très instructif sur notre époque actuelle par rapport aux nouveaux outils techniques et numériques, l'avenir des musiciens et la culture en général. À la lettre M, il détaille le musicien comme un autoentrepreneur et la multitude de tâches à accomplir. C'est beaucoup. La lettre G console les gauchers de devoir peiner au début comme lui : avec un nom pareil, il ne pouvait pas être droitier. La lettre C correspondant à Célibataire est amusante, Pierrejean Gaucher pense que le musicien consacre trop de temps à son instrument et pas assez à ses partenaires amoureux, d'où le célibat à subir ! D.M. – La Tribune
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« S’il n’est pas, à proprement parler, une autobiographie, ce savoureux Abécédaire raisonné, signé par Pierrejean Gaucher, est cependant parcouru de biographèmes au sens où Roland Barthes désigna, en 1971, des éléments de vie personnelle, un assemblage de détails et de goûts. En 335 pages, le compositeur et guitariste Pierrejean Gaucher délivre des inflexions qui concernent sa relation au jazz et au rock, ces territoires mêlés, une connaissance sensible d’Erik Satie, de Stravinsky, de Jeff Beck et de beaucoup d’autres. Le créateur d’Abus Dangereux, une formation qui accueillit Randy Brecker, Stéphane Belmondo et Olivier Hutman fut aussi l’inventeur du quintet qui célébra, en pionnier, la musique de Frank Zappa dont témoignent « Zappe Zappa » en 1998 et « Zappe Zappa | Live In Stollwerck » en 2002, deux albums incontournables pour l’amateur profond d’un musicien et libre penseur sans aucune comparaison. Bien plus que des hommages, ces disques commentent l’engagement d’une musique extrême au service du commentaire social désormais appauvri, pour ne pas dire exsangue, alors que le redoutable aujourd’hui attend son radical Zappa. Inventif promoteur du compositeur hors-barrières, Pierrejean Gaucher ajouta à ses œuvres un sulfureux « Zappe Satie », des programmes d’information sur l’antenne de France Musique, et de nombreux concerts d’éveil (New Morning, Carré Magique…) où il manifesta l’amour quasiment spinoziste de cette musique dédiée à la joie quand l’obscur, pour ne pas dire l’obscurantisme, envahit le terrain des idées. Terrain aujourd’hui saturé de fake news et de musiques qui ambiancent le vide, la surdité, le néant de l’esprit. Les lecteurs curieux, il y en a, découvriront les pages de Pierrejean Gaucher, près de vingt, sur Zappa. Ce document exceptionnel plus que recommandé, nécessaire pour la grande santé, est publié aux éditions Frémeaux & Associés. » Par Guy DAROL – JAZZ MAGAZINE
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« Né en 1958 à Paris, Pierrejean Gaucher ne découvrit sa vocation pour l’instrument à six cordes qu’après son quinzième anniversaire (jusqu’alors, il se passionnait plutôt pour le dessin). Assidu, l’adolescent progressa vite, sous l’égide de profs tels qu’Alain Vérité, Yves Jaget, Eric Boell et Philippe Petit, avant de franchir l’Atlantique pour y suivre quelques trimestres auprès de la fameuse Berklee School de Boston. À son retour en France, il forma le groupe Abus Dangereux, avec lequel il enregistra six albums (plus un live et un “Best Of”), avant de fonder en 1992 son New Trio avec le bassiste Daniel Yvinec et le batteur André Charlier. Augmentée de deux autres larrons, cette formation publia en 1998 l’album “Zappe Zappa”, en hommage au divin moustachu (elle lui consacra un live quatre ans plus tard), puis en 2021 ”Zappe Satie”. Ses pérégrinations le menant ensuite de l’enseignement (au CMCN de Nancy, ou encore à l’école supérieure de jazz fondée par Didier Lockwood à Dammarie-les-Lys) au journalisme écrit et radiophonique, il n’en poursuivit pas moins sa carrière artistique, via le Phileas Band, mais aussi 2G et Melody Makers. À ce jour, le lascar aligne une vingtaine d’albums, et autant de participations à des projets parallèles. Venu du rock et de la pop (qu’il écoutait adolescent) au jazz moderne (qu’il découvrit via Pat Metheny et John McLaughlin), il livre au fil de cet ”Abécédaire…” l’équivalent du ”Dictionnaire Amoureux” dont s’entichent les thuriféraires de maints courants culturels contemporains (qu’il s’agisse de cuisine exotique, d’architecture, de tourisme ou de tous autres arts). Reliant pertinemment ses réflexions à son propre itinéraire artistique, ainsi qu’à son expérience de musicien professionnel et de pédagogue, il fait preuve d’un bel éclectisme, qui le voit disserter avec la même verve des mérites comparés de Yes, King Crimson et Deep Purple que de ceux d’Eddie Van Halen, Bill Frisell et John Scofield, tout en traitant des évolutions des techniques d’enregistrement et de diffusion de la musique au cours des âges, ainsi que de ses propres marottes: Igor Stravinsky, Érik Satie, les Fab Four, Jeff Beck, Miles Davis et Frank Zappa. (…) Par Patrick DALLONGEVILLE - PARIS MOVE
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« Pierrejean Gaucher, que l’on connait comme musicien, est aussi écrivain. Il publie (le 25 juin) un livre fameux, singulier, foisonnant, Abécédaire raisonné, jazz, pop, rock, aux éditions Frémeaux et associés. Avant d’entamer la lecture, je me suis interrogé sur ce titre et la signification du mot « raisonné ». L’hypothèse que j’ai pu faire était qu’écrire un abécédaire est forcément une entreprise colossale, infinie, si on ne se limite pas. Du coup, limité à ce qui résonne en lui ? Encadré par ses passions ? L’éditeur annonce une cartographie vivante de la musique contemporaine dans tous ces aspects. Le livre est effectivement passionnant et d’une grande sincérité. C’est une sorte de bilan, provisoire, d’une carrière assumée et incarnée, par un artiste touche à tout qui a balayé les musiques de jazz, de rock, les courants contemporains de ces 45 dernières années. A la manière de son mentor Frank Zappa pour qui il consacre quelques pages de fin, Pierrejean Gaucher est un inventeur bricoleur, bricoleur dans le sens noble du terme, de celui qui a appris à manier la technologie de l’enregistrement pour en faire un  véritable instrument de création. La musique se fabrique dans la solitude du home studio. Avant de se jouer en live. Il est à l’écoute de son temps, toujours en recherche, avec ce petit côté iconoclaste, sans s’endormir sur ses lauriers, en mélangeant les sons et les mots, en étant constamment curieux et inspiré de musiques plurielles, de Jeff Beck à Satie, en passant par Zappa ou encore La Fontaine… (Musique et mots fonctionnent à l’identique et sont indissociables). Le livre propose de multiples entrées, (A comme Airs, B comme Beatles ou Beck, J comme Jazz’n’roll, S comme Satie ou Silence….) qu’on peut pénétrer à l’envie, sans ordre, sans logique chronologique.  Les anecdotes côtoient l’Histoire, avec un grand H, l’Histoire de la musique, dont il est profondément un des acteurs,  le sérieux fait place à l’humour très souvent. Le musicien se dévoile petit à petit, ses bonheurs, ses doutes, ses coups de cœur, son quarté intime des musiciens qui ont fondé son identité d’artiste, ses rencontres. Il reparcourt son œuvre par petites touches tendres. On voyage avec lui dans le temps (du phonographe aux plateformes de streaming), dans la création, et dans tous les liens qu’il fait au quotidien et qui la nourrissent. Il y a chez lui ni nostalgie, ni égo démesuré, ni fausse modestie. Seulement un texte où il partage et transmet son expérience et ses remarques, personnelles, entières. Le texte est très documenté. On se prend au jeu d’écouter les extraits musicaux qui saupoudrent son discours. On se projette avec lui, on recompose du coup sa propre histoire, car il est un maillon qui donne sens, en écho, qu’on soit seulement mélomane ou musicien, même amateur. Il y a de la porosité entre lui et nous. Stravinsky nous devient proche, mais aussi les Beatles, John Mc Laughlin et bien d’autres. La liste des tâches d’un musicien qui prépare un concert un an à l’avance devient inventaire poétique. Il y a une immense reconnaissance dès le début du livre à l’autre, à la place de l’autre, à son influence qui nous fait être. Et qui petit à petit façonne notre propre style. Je ne dévoilerai pas bien entendu tout le contenu, à vous d’aller piocher les trésors et pépites qui s’y cachent. Toutefois, celui-ci pose les bonnes questions en ce qui concerne l’avenir des musiciens, du rôle de l’IA, des modèles économiques réducteurs. Je terminerai par ses quelques remarques sur des personnalités qu’il a pu croiser. De John Scofield, en parlant de son style, se dit plus riche de ses défauts que de ses qualités. De Jeff Beck, qu’il a donné une voix à sa guitare. Ou encore de Ritchie Blackmore, ce D’Artagnan oublié. Mais Pierrejean Gaucher n’est pas un obsessionnel de la guitare. Il se définit avant tout comme un artisan créateur, dont le stylo est la guitare – composer, écrire, dessiner, forment ses trois dadas. Ce qui donne les plus belles pages de ce livre. A mettre entre toutes les mains. » Par Laurent BRUN – JAZZ RHONE-ALPES
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« Pierrejean Gaucher a écrit un "Abécédaire raisonné jazz, pop, rock" qui paraît aux éditions Frémeaux & Associés. Ayant eu le privilège d’en avoir déjà lu quelques extraits en avant-première, je peux vous garantir que cet ouvrage s’annonce passionnant et est en tous cas écrit par un passionné et érudit en matière de musique au sens large.Si vous aimez les réflexions sur la création musicale et même la création tout court, des infos sur les coulisses des sessions d’enregistrement, des anecdotes liées à des rencontres avec de grands artistes, les petits détails de la grande Histoire du rock, de la pop ou du jazz…. Alors n’hésitez pas, procurez vous ce livre les yeux fermés, et rouvrez les pour le déguster en écoutant la bande son de votre choix. Quelle qu’elle soit, elle sera forcément adaptée tant le panorama de Pierrejean est large et éclectique : il disserte allègrement aussi bien sur les Beatles qu’Erik Satie, sur l’IA que les vinyles ou les cassettes, tous styles musicaux confondus. »Par JF CONVERT - TEXTES, BLOG & ROCK N ROLL 
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